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ARISTOPHANE
Poète comique grec du
cinquième siècle av. J.C., né dans le dème (circonscription
administrative) de Kydathénée vers 450 – 445 et mort vers 385
av. J.C.
Il débute jeune au théâtre
et se fait connaître par deux pièces aujourd'hui perdues : Les
Daetaliens (427) et Les Bayloniens (426). Il écrit de
nombresues comédies, dont la plupart ne nous sont connues que
par fragments. Il écrit des comédies de mœurs et de violentes
satires dirigées contre les politiciens, la guerre et les
novateurs de toute sorte. Il n'admet pas l'évolution sociale qui
se pratiquait en Grèce.
Ses œuvres :
-
Les Acharniens, incitant
à la paix pendant la guerre du Péloponnèse (425)
-
Les Cavaliers, contre
Cléon (424)
-
Les Nuées, contre les
sophistes, dont Socrate (423)
-
Les Guêpes, contre la
manie athénienne des procès (422)
-
La Paix, en faveur de la
paix (421)
-
Les Oiseaux, concernant
l'expédition en Sicile (414)
-
Lysistrata, une
conspirtion des femmes en faveur de la paix (411)
-
Les Thesmophories,
contre Euripide et sa misogynie (411)
-
Les Grenouilles, satires
contre Euripide (405)
-
L'Assemblée des femmes,
contre les projets des nouvelles constitutions (392)
-
Ploutos, sur les temps
meilleurs à venir (388).
Aristophane : à aimer, à
critiquer ? Les deux peut-être.
Plutarque disait : "Chez
lui, le savoir n'est pas expérience de la vie, il est
coquinerie; la rusticité n'est pas naïve, elle est sotte; le
ridicule n'est pas enjoué, il est purement bouffon; quant à
l'amour, il n'est pas joyeux, il est débauché". Apparemment, il
ne l'aimait pas trop …
Pour certain, certes, la
trivialité de ses propos est quelque peu inconvenante. Mais il
ne faut pas oublier qu'à cette époque, la conception de pudeur
n'existait pas.
Platon, par contre envoya à
son ami Denys le Jeune (tyran de Syracuse) toute l'œuvre
d'Aristophane pour lui donner une idée de la société d'Athènes.
Même Saint Jean Chrysostome en avait fait son livre de chevet.
Il faut reconnaître que,
grâce à ce poète comique et irrévérencieux, on connaît un grand
nombre de détails de la vie quotidienne de la Grèce antique. Son
humour, quoique licencieux, est peut être un effet calculé au
centre d'une œuvre littéraire, sans que celle-ci soit elle-même
vulgaire.
Par ses multiples jeux de
mots triviaux, ses pièces sont pleines de finesse. Sur les
quarante-quatre pièces qu'il aurait écrites, onze seulement nous
sont connues. Il jongle entre la grivoiserie et la philosophie.
Les comédies sont issues de
fêtes religieuses païennes. Les Dionysies et les Lénéennes,
fêtes en l'honneur de Dionysos, dieu du vin, de la vigne et du
théâtre, étaient célébrées par toute la population, des plus
humbles aux plus riches. Elles occasionnaient des sacrifices,
des banquets, des danses, des chants et mille autres festivités.
Tragédies et comédies donnaient lieu à un concours et les pièces
gagnantes étaient rejouées. L'influence des pièces était
considérable, et Aristophane connut à maintes reprises, les
honneurs du public. Entre ses mains, la comédie devint une
puissance comparable à la presse politique moderne, (un peu à la
manière des Guignols de l'Info!)
De cette façon, Aristophane
a raillé les chefs du peuple comme Périclès, Cléon, Hyperbolos,
les institutions, le Sénat, l'Assemblée, les magistrats, les
tribunaux, les sophistes et même le peuple, immuable victimes
des politiciens, à tel point qu'on a pu le qualifier de
réactionnaire.
Il est vrai qu'Aristophane
avait un côté "tout-s'en-va" en idéalisant la grandeur du passé.
C'est un conservateur, puisqu'il préfère Eschyle aux innovations
littéraires introduites par Euripide.
Il méprise cependant les
sophistes, ces beaux parleurs qui ont l'art de faire passer le
mal pour le bien, parmi lesquels il range méchamment Socrate.
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HENRI DEBLUE (Traducteur)
biographie
Henri Debluë est né le 3 septembre 1924 à
Montreux et décédé le 14 octobre 1988 à Montreux. Editeur et
écrivain suisse, il était l'oncle de François Debluë, écrivain
lui aussi.
Il fait des études de lettres à l'Université de
Lausanne entre 1945 et 1950, et présente sa thèse de doctorat en
1965.
Il est l'un des fondateurs des Éditions
Rencontre. De 1950 à 1953, il dirige la revue "Rencontre" avec
Michel Dentan, Yves Velan et Georges Haldas, puis il enseigne le
français au Collège de sa ville natale, puis à l'Ecole Normale
de l'Est vaudois.
Henri Debluë publie des traductions du grec
comme Aristophane (dont Lysistrata) ainsi que des récits; on lui
doit aussi plusieurs pièces de théâtre et il s'affirme comme un
écrivain engagé, préoccupé de justice sociale. Dans sa première
pièce Force de loi (1959), il dénonce le système judiciaire
suisse et la peine de mort, alors que dans La passion de Job
(1978) il décrit l'injustice divine.
La Fête des vignerons de Vevey de 1977 sera
l'heure de gloire d'Henri Debluë. C'est à lui que l'on confie le
scénario et le livret de cette grande fête culturelle et
populaire qui se déroule tout les quarts de siècle.
Enfin, Henri Debluë produit une étude critique
importante sur les romans de G. Bernanos et un roman Les cerises
noires, témoignage sur la vie intellectuelle en Suisse romande
durant la guerre et l'après-guerre pour lequel il reçoit le Prix
du Livre vaudois. Il décède le 14 octobre 1988 au lendemain de
la publication de ce livre.
Ses Œuvres
• Force de loi : pièce en quatre actes, Lausanne, La Cité, cop.
1959 (impr. 1960).
• Le procès de la truie : comédie en trois actes, Lausanne, Ed.
La Cité, 1962.
• Tepek : comédie-farce en 3 actes, Montreux, Le vieux quartier,
1964.
• L'alter ego : pièce en trois actes, Lausanne, Rencontre, 1967.
• Et Saint-Gingolph brûlait : récit, Vevey, B. Galland, 1977.
• La passion de Job : drame, Vevey, B. Galland, 1981.
• Les cerises noires : roman, Lausanne, Ed. 24 Heures, 1988.
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CONTEXTE :
Nous sommes au Vème siècle
avant J.C. Durant la guerre du Péloponnèse, Athéniens et
Lacédémoniens (habitants de Sparte) se déchirent depuis 20 ans.
Lysistrata, héroïne née de la plume d'Aristophane, exhorte ses
compagnes à se refuser à leur mari tant que ceux-ci continueront
à pratiquer une guerre fratricide.

Interview exclusive de
Lysistrata
par Mar'mott'
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Mar'mott' : Bonjour Madame … Au fait, Madame ou
Mademoiselle ?
Lysistrata : -
Στο λεξικό βρέθηκε η λέξη ! ( qui, comme chacun le sait, veut
dire "mais bien l'bonjour ma p'tite dame. En grec.)
- Appelez-moi Lysistrata.
Pas de Madame, ni de Mademoiselle. J'ai d'autres priorités; je
suis dans l'urgence et dans la révolte ! Je ne peux vous
accorder que peu de temps !
M.
… Bien. Mais, d'où vous vient ce prénom ? Lysistrata, c'est
assez particulier non ? N'auriez-vous pas préféré vous appeler
Monique, Chantal ou Janine, comme tout le monde ?
L. Impossible.
Il fallait un nom en accord avec mon objectif. Lysistrata
signifie "briseuse d'armée" … si vous voyez ce que je veux dire
…
M.
Heu … Non …
L.
Figurez-vous, que depuis plus de 20 ans, Athènes et Sparte sont
en guerre. Nos ennemis sont aux portes de la ville. Nos maris,
nos fils, nos amants s'en vont mourir au champ d'honneur – ce
qui n'a rien à voir avec celui de betteraves …- et pourquoi ? Je
vous le donne en mille! Pour des sensations fortes, de la
gloriole de bas étage, de l'excitation stérile, et tout ça, sous
le couvert d'un patriotisme borné !
M.
Alors ? Que pouvez –vous y faire ?
L. Alors,
c'est la grève, Na.
M.
La grève ? Mais de quoi ?
L. Mais la
grève des câlins pardi ! ... et plus, si affinité !
M.
Plus … plus, plus ?
L.
Parfaitement. J'ai appelé toutes mes compagnes d'Athènes et même
celles de nos ennemis Spartiates, à faire la grève du badinage,
la grève du batifolage, la grève de l'amour. Bref, la grève du
sexe, tant que la guerre durera !
M.
Alors là, vous êtes audacieuse ! Et elles ont été d'accord ?
L. Il a fallu
un peu les bousculer. Au début, oui, elles étaient
enthousiastes, mais après elles ont dû apprendre à faire face à
la dure réalité … Elles aussi, à la longue, désirent leur mari !
Sans compter que, ma p'tite dame, après avoir pris possession de
l'Acropole et bloqué le trésor de l'Etat, nous devons aussi
faire face aux gendarmes et aux vieillards…
M.
Au Vème siècle avant Jésus-Christ, c'est incroyable !
L. Avant qui
???
M.
Oups ! Non rien ! Laissez tomber, vous ne pouvez pas comprendre
! Et … ça se termine comment votre grève du repos du guerrier ?
L. Si vous
voulez connaître la fin, allez voir le spectacle ! Je vous
promets du comique, du ridicule et de la bravoure … sans
omettre gaillardise et impudicité …
M.
Le spectacle est-il vraiment accessible ?
L. Aux adultes
et aux adolescents, sans aucun doute ! Mais que l'on se rassure
dans les chaumières, pour le confort des spectateurs, on a fait
un énorme effort : le grec ancien a été supprimé. D'ailleurs
moult traductions – excellentes pour certaines - ont été
réalisées, comme celle de M. Debluë. Cependant, les couleurs
grivoises et épicées du tableau sont loin d'avoir été diluées
... Par Artémis ! On ne trahit pas Aristophane impunément !
Bien sûr, le moins que l'on
puisse dire, c'est que l'écriture est loin d'être vertueuse.
Mais si quelque gravelure ou autre crudité choque vos oreilles,
dites-vous bien qu'un guerrier Athénien ou Spartiate, de retour
au foyer et à qui on propose la chasteté, peut difficilement
avoir une attitude croquignolette, non ? Voyons, on n'y
croirait pas… Ca ne ferait pas vrai du tout, et le spectacle en
pâtirait ! Non, Madame, non ! Restons dans la réalité des
grandes coutumes phalliques, et appelons un ch …
Hem… à part ça, ça, va ? Un petit verre d'hydromel pour trinquer
? Εις υγεία! (ce qui, comme chacun le sait, veut dire "à votre
santé", en grec)
M.
Avec plaisir ! Commençait à faire chaud ! A la vôtre et … à
celle des Tréteaux ! |