"Le Noir te va si bien" de Jean Marsan
 
 

tiré de l'oeuvre anglaise de John O'Hara
Mise en scène: Bernard Formica

"Le Noir te va si bien" résumé

Cette chère Lucy est riche, très riche. Grâce à ses cinq premiers maris qu'elle a tués à seule fin d'hériter. Ce cher John est riche, très riche. Grâce à ses six premières femmes qu'il a tuées à seule fin d'hériter. Peter Campbell, policier intègre est triste, très triste; il n'arrive pas à coffrer ces deux absolues crapules. Et puis un beau jour, la chance lui sourit : il parvient à se faire rencontrer les deux monstres. Attirés par leurs fortunes respectives, ils s'épousent, bien décidés à écourter la vie en commun. La suite ? des agissements cyniques et perfides jusqu'à la bouffonnerie tant l'immoralité des deux protagonistes est manifeste. Les personnages déploient une succession de luttes verbales, de machinations de toute trempes que rien ne semble pouvoir arrêter. Lequel sera le plus fourbe ? Le brigadier de Scotland Yard les confondra-t-il ?

La baguette magique du metteur en scène en fait un spectacle burlesque, délicieusement irrésistible, à l'humour "so british, my dear", le tout livré dans un emballage de fête foraine !

 

JEAN MARSAN JOUE RAOUL

L'auteur : Jean Marsan (1920-1977)

 

Il y a des vocations qui ne s'expliquent pas. Rien ne destinait Jean Marsan au théâtre; son père était planteur de café en Éthiopie, son grand-père directeur du casino du Touquet ... Cette personnalité singulière qui a débuté à 16 ans dans "Le Roi Cerf" de Carlo Gozzi, n'a jamais fait autre chose que du théâtre. Il disait :
"Je n'ai, hélas ! jamais été ni docker, ni crieur de journaux, ni cireur de souliers, ni groom, ni fraiseur... Bref, il y peu de chance pour que je devienne jamais un grand homme !
Il est engagé à l'Odéon en 1940. Il obtient un premier prix de comédie au Conservatoire National Supérieur de Paris en 1943; il entre ensuite à la Comédie Française où il restera jusqu'en 1947. Cette même année connaît ses débuts d'auteur dans une opérette "Virginie Dejazet" avec le compositeur Georges Van Parys. Ils écriront ensemble six autre opérettes.
Il fait ses débuts d'auteur dramatique en 1948 avec "Interdit au Public" interprété par Mary Marquet. Cette pièce qu'il réécrira en 1967 connaîtra à nouveau un immense succès avec Jean Le Poulain, Maria Pacôme, Marthe Mercadier et sera continuellement jouée dans tous les pays francophones depuis cette date. Suivront "Zoé" avec Nicole Courcel, "Aux Quatre-Coins", "Trésor" avec Serge Reggiani, "Les Filles", "Le Noir te va si bien".
En 1950, fort de ses succès antérieurs, il signe, mais enfin seul, "Les Quatre-Coins", une de ses meilleures pièces, accueillie par une critique enthousiaste.
En 1955, René Clair lui demande de se joindre à lui pour écrire le scénario des "Grandes Manoeuvres". Il écrira ensuite une quarantaine de films en tant que dialoguiste, scénariste, adapteur pour Marc Allégret (Sois Belle et Tais-toi), Georges Lautner (Ne nous fâchons pas), Henri Verneuil (Le Mouton à Cinq pattes) qui lui vaudra une nomination aux Oscars.
Tout au long de sa carrière d'auteur au théâtre comme au cinéma, Jean Marsan ne délaissa jamais le métier d'acteur. Bilan : deux cents pièces jouées en quinze ans. De Molière à Marcel Achard, en passant, entre autres, par Feydau et Barillet-Grédy.
Auteur à succès, ne manquant ni d'esprit, ni d'originalité, Jean Marsan fut aussi- oiseau rare - un comédien sans vanité. Il disparaît en 1977, alors que son adaptation de "Doit-on le dire" d'Eugène Labiche triomphe à la Comédie Française.


La musique : Dimitri Chostakovitch (1906-1975) PARIS - MOSCOU

La musique a été tirée de la partie divertissante de l’œuvre de Chostakovitch
(L’Ecrou – le Taon – Moscou –Tcheryomouchki)

Compositeur russe, dont la musique est jouée dans le monde entier, Dimitri Chostakovitch incarne les valeurs les plus nobles de l’humanité. Il a produit une forte influence morale sur ses contemporains. A l’époque du stalinisme et du nazisme, il a eu le courage de dénoncer par la puissance de sa musique, les victimes de la barbarie totalitaire.

Il composa également un grand nombre de musiques de divertissement, y mettant souvent autant de talent et d’imagination que dans sa musique plus sérieuse, symphonies, concertos et quatuors. Il était également capable d’écrire de l’excellente musique dans les genres plus légers du ballet, de la musique de film et de l’opérette.

Son premier ballet « L’Âge d’or » (1930), a pour thème les aventures d’une équipe de football soviétique en déplacement à l’Ouest. Le compositeur décrivit son projet en termes très dignes : « les danses d’Europe de l’ouest respirent l’érotisme dépravé qui caractérise la culture bourgeoise contemporaine, j’ai par contre essayé d’intégrer aux danses soviétiques les éléments sains du sport et de la culture physique… » Il ne parla pas de la légèreté incorrigible de toute cette musique (qu’elle soit soviétique ou bourgeoise) ni du fait qu’apparemment il trouvait la dépravation beaucoup plus amusante que la vie saine …

Adolescent, dans les années de misère succédant à la guerre civile, Chostakovitch avait martelé au piano des accompagnements de films muets dans différents cinémas de Leningrad. En 1929, il composait une partition élaborée pour le film muet « La Nouvelle Babylone » qui allait être suivie de plus de trente musiques de films. A la fin des années 1940 et au début des années 1950, le travail pour le cinéma devint vital pour le compositeur dont on n’exécutait plus les grandes œuvres.

Son retour à la scène se fit, en 1959, sous une forme inattendue avec une comédie musicale au théâtre d’opérette de Moscou. Elle a pour cadre une nouvelle zone résidentielle du faubourg moscovite Tcheryomouchki (tcheryomoukha = merisier) ; pour thème : la lutte de divers couples afin d’y acquérir de nouveaux appartements et l’échec des bureaucrates corrompus qui veulent les garder pour eux-mêmes. La satire sociale est à l’évidence maintenue dans les limites « acceptables », mais la partition elle-même est une débauche de pastiche, de parodie et d’amusement pur et simple. La musique est pleine d’allusion à la mode des œuvres antérieures de Chostakovitch lui-même. Il y a bien sûr, s’agissant du style et de l’idéologie, un gouffre entre l’opérette soviétique et la comédie musicale américaine contemporaine, mais l’un des avantages de Chostakovitch sur les Américains était la possibilité d’exploiter les ressources d’un grand orchestre symphonique et de créer ainsi une sonorité de big band riche et captivante. Cette musique de divertissement paraît bien éloignée de la musique plus sérieuse de ce compositeur tourmenté de grand fumeur qui se rongeait les ongles…

Distribution

Robert, valet de chambre (brigadier de police) : Bernard Gygax

Jennifer, femme de chambre (sergent de police) : Maude Rust

Peter Campbell, agent immobilier (lieutenant de police) : Jean-Pierre Walther

Dorothée Baker, soeur de Lucy (mère de Polly) : Janine Walter

Arthur Gordon, cousin de Dorothée : Claude Henriot

Polly Baker, fille de Dorothée (nièce de Lucy) : Mélanie Henriot

Lucy Kalkayan-Gordon, soeur de Dorothée (tante de Polly) : Antoinette Trueb

John Mac Lesby, colonel : Jacky Gremaud



Mise en scène : Bernard Formica

 

 

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